Réflexion sur notre progrès
Réflexion sur notre progrès
Partagé entre l’espérance du rien,
Et le désespoir du tout, au petit matin,
Je me réveil dans les limbes qui m’écartèle,
Par ces vérités qui nous endorment lorsqu’elles
Prétendent vouloir soulager des maux du soir ;
Dans cette cécité du jour, je me sens choir,
Vouloir me départir de l’être, de l’humain
Civilisé et servile, croyant en vain
Échapper aux sentiments de ma condition,
Renonçant un temps au leurre de ma raison ;
Je lutte fiévreusement pour fermer les yeux,
Pour m’en retourner par les chemins tortueux
De l’esprit qui divise pour additionner
L’incohérence de la multiplicité,
Du moins qu’engendre la permanence du doute ;
Quel monde ?… glorifiant la certitude où toute
Obscurité est regardée comme une insulte
A l’intelligence, édifiant comme un culte
L’esprit scientifique « nouvelle providence »
D’un bonheur promit exempt de toute défiance,
Enorgueillit de découverte et de progrès
Où l’individu dans sa conquête de vrai
A perdu le sens du rêve, de l’illusion,
Dans un dernier sursaut empreint de conviction.
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