Carnet de confidences

Mon testament philosophique

De l’impuissance pontificale

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 30 avril, 2009 @ 2:28

De l’impuissance Pontificale

Ô Toi médecin des mécréants pervertis,
Condamnant la profanation à la souffrance
Sans recours à l’asepsie, ni l’euthanasie,
Cautérisant au bûcher les âmes en errance.

L’addiction aux hosties te prive d’appétit,
Anémie ton âme souffreteuse en dormance
Sous des eaux bénites désaltérant l’esprit,
Sans épancher la soif en ton intolérance.

L’ivresse des profondeurs et de l’infinie,
Déserte la quiétude de tes évidences
Et fuis les certitudes de tes homélies
Castratrices, qui te condamnent à l’impotence.

L’amour s’arrête où commence l’hypocrisie
De ta piété, dans cette lâche obéissance
Rampante et obséquieuse paraplégie
Du renoncement au comble de l’indécence.

C’est dans les fonds ténébreux de la sacristie
Que reposent les oripeaux de ta conscience,
Ce reliquat d’humanité dans l’agonie
D’une liturgie mortuaire et sans essence.

Poussé par le souffle vital de l’hérésie,
Les pécheurs cherchent de nouveaux îlots de science
Où jeter leur encre de savoir et d’écrits
Au risque d’échouer sur une de tes potences.

Il refuse le confort de tes alibis
Et l’intérêt cupide de tes alliances,
Préférant l’apostasie à ton paradis,
La chaleur de l’enfer aux dégradantes avances.

Car tu ne te courbes pour vendanger le fruit,
Mais t’inclines dans une humiliante allégeance,
Dans un plaisir endeuillé par l’anorgasmie
De tes prières privées de toute jouissance.

La foi est ton préservatif, ton seul abri
Où tu te mures pour échapper aux exigences
D’une vie que tu as tapissée de mépris,
Tagué de haine phobique et d’outrecuidance.

Bercé de chant sacralisant les interdits,
Les écritures restent ta seule romance
Amoureuse et les baisers sur ton crucifix,
Une arme évangélique au reflet d’impuissance.

Aventure

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 30 avril, 2009 @ 2:25

Aventure

Quand les grilles de leur envie
Cédèrent aux assauts des promesses,
Dans le rêve des utopies
L’innocence s’emplit d’ivresse.

Liée par la foi du serment
Leur passion fut comme bénie
Et comprirent qu’ils seraient amants,
Prêt à conquérir l’infini.

La platitude de leur vie
Leur apparu insupportable
Et leur couple une dyslexie
Maritale et indéchiffrable.

Errance, scellant une union
Qui sous le sceau de l’injustice
Vint justifier leur exaction
Comme une pulsion salvatrice.

Liaison inspiratrice d’avenir
Et infléchissant un destin
Qu’ils ne désiraient plus subir,
Pour à nouveau croire à demain.

Et dans le jeu des ressemblances
Ils recréèrent l’éternel
Comme pour laver leur conscience,
Dans une communion charnelle.

Passionnel plaisir adultère
Assouvi comme des prémisses,
Qu’ils se jurèrent de refaire
En dessein et non en esquisse.

Bonheur illusoire et volé
Au plus profond d’un désespoir,
Auquel ils tentèrent d’échapper
En s’abandonnant pour un soir.

Passion

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 8 décembre, 2008 @ 12:05

Passion

L’exigence de tes faveurs
M’a égarée dans une ivresse
Addictive, dont ton humeur
Possessive n’offre de cesse.

Abandon inscrit en tes yeux,
Marqué par l’étourdissement
Fougueux de nos impétueux
Désirs, proche de l’indécent.

Pudeur qu’il nous faut transgresser
Aux frontières du défendu,
Que nous franchissons débridés
Dans une fusion convenue.

Je te veux chaste dans l’excès
Comme une dernière censure,
Qui nous hisse à tous les sommets
Du vertige de la luxure.

Incandescence d’un bonheur
Qui se consume par l’attente
Suppliante de notre ardeur
Complice de nos chaudes ententes.

Pompier de tous tes incendies,
Je suis devenu pyromane
Sur le bûcher de nos folies
volcaniques, jusqu’à l’insane.

Souffle attisant nos deux brasiers
Sous les vents de l’excitation
Invasive de nos baisers,
Brûlants aux feux de la passion.

Et nos cœurs rythmés par nos corps
Improvisent un dernier concert,
Gémissent un couplet dans l’effort
D’un refrain que chacun espère.

De l’orgueilleux

Classé dans : Poésie — 7 décembre, 2008 @ 11:55

De l’orgueilleux

Ô toi muraille infranchissable
Et bâti sur les contreforts
De ton égo impénétrable,
Protégée par un Moi butor.

Sommet distant de l’accessible
Escalade, vertigineuse
Ascension aux cimes ostensibles
De la fierté majestueuse.

Ta surestimation fiévreuse,
Ton indéfectible importance
Et tes convulsions prétentieuses,
Forge toute ton arrogance.

Apogée de l’individuel :
Tu brilles dans les inflations
De ta fatuité naturelle,
Qui transcende tes opinions.

Lumineux en ton assurance,
Tu te complais dans l’excessif
En cherchant la reconnaissance
Dans les regards admiratifs .

  Primauté de tous les péchés :
Source du vice où l’on craint
Voir l’histoire se répéter
Au nom du père et de ses saints.

Miroir au reflet grossissant :
Ton amour propre réfléchi
L’éclat de ton rayonnement
Et le flambant de ton vernis.

Au comble de ta suffisance,
Tu culmines sur les hauteurs
Bouffi et replet d’abondance
Dans ton délire de grandeur.

De l’inconstant

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 1 décembre, 2008 @ 11:53

De l’inconstant

C’est, errant dans l’ambivalence
Qu’il compose avec sa conscience :
Transigeant avec ses remords
Dans un consensuel désaccord.

Précarité des opinions
Assujettis aux mutations,
Des doutes et de l’alternatif
Subterfuge de l’évasif.

Jouet de l’instable immortel,
Il papillonne sans ses ailes,
Lassé de ne trouver de fleur
Assez belle pour son bonheur.

Toquade poussée par les vents
De ses fugitifs changements :
Marionnette de ses humeurs
Dont les rêves et les souhaits se meurent.

Ses joies tout étiolées d’ennui
Fluctue dans l’émoi : Il poursuit
Les fantaisies de ses désirs
Qui le prive de tous plaisirs.

Ô toi ! Comble du versatile,
Comme ces caprices infantiles,
Insouciant et irresponsable
Tu t’arrimes à ton improbable.

Camisole de l’incertain
Disloqué et mû en pantin :
Guidé par tes inattendus
Et vagues réflexes imprévus.

Amours séduits aux feux volages,
Qui s’abandonne sans ancrage
A tes aventures fantasques,
Et qui finissent toutes en frasque.

Bonheur, cet inconnu

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 6 novembre, 2008 @ 11:07

Bonheur, cet inconnu

Ô toi bonheur ! Mon inconnu :
Combien de promesses déçues
Par tes attentes hypothétiques
Et mes songes fantasmatiques.

Tu encenses les doux émois
Estropiés à l’ombre des croix, 
Par ta foi en cet accessible
Jouissance endeuillée et stérile.

Tu es à l’incommensurable
Ce que Dieu est à l’ineffable :
Lueur brillante en l’éphémère,
Antalgique à nos joies amères.

Tu es cet astre scintillant,
Sans le moindre mouvement,
Un repère pour égaré
Que les prières ont atrophié.

Impénétrable plénitude
Enivré de béatitude ;
Éternelle contemplation
Murée dans les lamentations.

Tu inspires les hommes instruits,
En leurs malades rêveries,
Et les certitudes addictives
De ces saints en leurs joies chétives.
 
On s’évertue, en ton absence,
A croire que tu serais une chance
Qu’on trouverait au fond d’un verre
Ou un genou fléchit à terre.

Phare de tous nos vagues espoirs
Échoué au fond de nos mémoires :
Je peux être ton Robinson,
Sans vouloir mourir d’illusion.

De l’inhibition

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 28 octobre, 2008 @ 11:09

De l’inhibition

Passions que les envies assiègent
D’élans brisés qui se morfondent
Et se consument comme un cierge
Dans la droiture pudibonde.

Flamme éteinte au vent pernicieux
Des plaisirs ne trouvant d’issue
Que dans le vide licencieux
Et les frustrations du refus.

Carcan morale qui s’embrase
Au bûcher de la tentation
Dans la volupté sans emphase,
Des supplices de l’abstention.

Défloraison des appétences
Fanées sur l’autel des valeurs,
Cultivant la résipiscence,
Sous les serres où germent les peurs.

Assouvissement solitaire
D’une libido réprimée
En une chasteté pubère
Refoulée et émasculée.

Ô concupiscence coupable,
Désir incestueux des consciences :
Dans  l’excitation inavouable
Nos cœurs s’ébranlent en tous les sens.

 

Du somnambule

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 28 octobre, 2008 @ 11:03

Du somnambule
 
Ô toi! Sommeil engourdissant
L’esprit courbatu par l’effort :
Dans la foi en tes jugements
La cécité est ton confort.

Tes désirs sont réalités
Et tes quêtes sont advenues
Dans l’horizon assermenté
Des certitudes parvenues.

Le repos est ta condition
Et l’oisiveté la sueur
Fétide de tes réflexions,
Languissantes de fétu bonheur.

Alibis et fausses apparences,
Brumisateur de vérité
Javellisé aux exigences
D’une existence aseptisée.

Passé exempt de tout regret,
Récurant toutes les audaces,
Épongeant les moindres projets,
Essorant toutes les menaces.

L’affirmation est conviction
Pour qui choisit de sommeiller
Les yeux clos dans l’abnégation :
Comme dans un rêve éveillé.

Ô doux songe soporifique,
Exutoire aux vieux cauchemars,
Enchantement analgésique
D’un glauque quotidien épars.

En ton dortoir le somnambule
Dans sa torpeur cherche l’issue,
Le dos tourné à la pendule,
Les bras tendus comme un vaincu.

Mère Nature

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 30 septembre, 2008 @ 11:30

Mère Nature

Ô mère nature, divine souveraine :
C’est par la grâce de ta force que les êtres
Recouvrent leur humilité, tombant les chaines
De l’orgueil et de leur attachement aux sceptres.

Tu n’as pas de préoccupation mercantile :
Séisme et déluge nous rappellent l’éphémère
Du beau et cette magnificence futile
Des palais dorés que tu disperses à la mer.

Insouciante de ce qui peut les rendre fières,
Insensible à leurs ouvrages et à leurs chef-d’œuvres
Jusqu’à même ignorer leur présence sur terre,
Rien ne te résiste et n’entrave tes manœuvres.

Indifférents à tes lois et tes fondements,
Dès qu’ils ont su aiguiser leurs intelligences
Et assouvis leurs besoins à ton détriment,
Tu les punis comme si tu criais vengeance.

Tu démolis les talents et les inventions
Des constructeurs emportés par l’élan de batir,
Enorgueillis du génie de leur création,
Que la moindre bourrasque peut anéantir.

Tous ont essayé de te dompter, mais en vain :
Chaque fois qu’ils ont dû relâcher leurs efforts
Tu as repris tes droits et suivi ton chemin
Comme si tu voulais préserver tes trésors.

L’homme n’a pas retenu tes enseignements :
Il a cru que tu étais là pour le servir
Et qu’il pouvait toujours agir impunément
En étanchant ses plus archaïques désirs.

Demain le charognard habitera nos ruines
Et viendra rogner les os de ses anciens maitres
Sur les tombes entr’ouvertes et peuplées de vermine :
Car trop tard il sera pour saisir ton mal-être.

Du verbe

Classé dans : art,litterature,Poésie,poétique — 30 septembre, 2008 @ 11:26

Du verbe

Ô toi Dieu! Par le verbe ta création fut :
Le Tout est ton œuvre et sans toi rien n’a put être :
Tu éclairas tous les êtres pour leur salut
Et la lumière et nos esprits purent enfin naître.

Trait d’union entre le Créateur et le monde
Assurant la cohérence de l’univers :
Tu fus la source primordiale et féconde
De la connaissance en illuminant la terre.

Ô logos ! Éternelle luminosité
Efficiente d’une raison : par le discours
Divin, tu réconcilias la dualité
En transmutant l’infinie ténèbres en amour.

Genèse qui mit fin au chaos ; alchimie
Chassant le néant, engendrant par le dialogue
Devenu chair, l’incarnation du fils génie  
 Qui glorifia la vérité dans un prologue.
 
Mais le verbe s’est flétri dans le cœur des hommes :
Ton message est devenu logorrhée stérile
Et ton jardin ressemble à un capharnaüm
Où nos âmes déambulent dans l’infertile.

Trahi par les mots quand les paroles s’envolent,
Excommunié par l’oubli des pensées qui meurent
En ces vaines homélies où les phrases somnolent,
La critique exsangue a perdue de sa lueur.