Muse
Muse
Ô toi, par qui les œuvres novatrices abondent :
Je ne puis supporter l’éclat de ta beauté,
Et souffre de ce qu’il me faut sacrifier
Pour tenter d’égaler ton talent en ce monde :
Paroxisme fourberie de l’imaginaire
Que le créateur zélé s’essaie à parfaire.
Tu es une dimension en quête d’espace,
Prisonnière des limites du perfectible :
Dans l’étroitesse des geôles de l’accessible
Ta lumière captive s’étiole et trépasse
Dans l’inanité de mes efforts pour atteindre
Ta grandeur, là où mon idéal ne peut te vaincre.
Tu es cet espoir culminant en haut des cimes,
Une idée dominante éprise de vertige
Où l’ivresse n’est plus qu’un songe sans prodige,
Un saut dans l’infertile vide de l’abîme :
Ton absolu est un sommet où s’anoxient
L’inspiration, une pente vers l’agonie.
Stérile création aux rêves chimériques,
Réalité fardée par de vaines illusions
Qui jalonne les esprits hantés par la passion,
Livrés aux affres d’une impuissance émétique :
Génie né du mensonge et de l’orgueil humain
N’ayant pas eu d’hier, il te faut un demain.
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