Carnet de confidences

Mon testament philosophique

Mère Nature

Mère Nature

Ô mère nature, divine souveraine :
C’est par la grâce de ta force que les êtres
Recouvrent leur humilité, tombant les chaines
De l’orgueil et de leur attachement aux sceptres.

Tu n’as pas de préoccupation mercantile :
Séisme et déluge nous rappellent l’éphémère
Du beau et cette magnificence futile
Des palais dorés que tu disperses à la mer.

Insouciante de ce qui peut les rendre fières,
Insensible à leurs ouvrages et à leurs chef-d’œuvres
Jusqu’à même ignorer leur présence sur terre,
Rien ne te résiste et n’entrave tes manœuvres.

Indifférents à tes lois et tes fondements,
Dès qu’ils ont su aiguiser leurs intelligences
Et assouvis leurs besoins à ton détriment,
Tu les punis comme si tu criais vengeance.

Tu démolis les talents et les inventions
Des constructeurs emportés par l’élan de bâtir,
Enorgueillis du génie de leur création,
Que la moindre bourrasque peut anéantir.

Tous ont essayés de te dompter, mais en vain :
Chaque fois qu’ils ont dû relâcher leurs efforts
Tu as repris tes droits et suivi ton chemin
Comme si tu voulais préserver tes trésors.

L’homme n’a pas retenu tes enseignements :
Il a cru que tu étais là pour le servir
Et qu’il pouvait toujours agir impunément
En étanchant ses plus archaïques désirs.

Demain le charognard habitera nos ruines
Et viendra rogner les os de ses anciens maitres
Sur les tombes entrouvertes et peuplées de vermine :
Car trop tard il sera pour saisir ton mal-être.

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