Hymne à l’interdit
Hymne à l’interdit
Que la nature reste la grande maîtresse
De nos plus belles et flamboyantes inspirations ;
Qu’elle nous emporte dans d’anonymes ivresses
Comme le parfum émoustillant des saisons ;
Qu’elle vienne couvrir et fleurir le parterre
Des chemins escarpés de nos émotions ;
Qu’elle enrichisse de couleur l’âme et notre chair
Jusqu’aux confins de notre imagination ;
Qu’elle devienne source d’apaisement,
Dans la peur licencieuse de nos évasions,
Dans la soif inassouvie, folâtre, enfantant
La plus exacerbée de nos exaltations ;
Dans cette passion qui se rit des limites,
Dans ce jardin fertile où le fruit censuré
Nous abandonne à la jouissance fortuite
De nos fantasmatiques désirs refoulés ;
Qu’elle nous donne les clefs pour enfin libérer
Nos cœurs captifs de toutes nos inhibitions ;
Dans la frénésie de nos instincts recouvrés,
Dans la blanche innocence de l’excitation ;
Qu’elle nous donne accès à la sublimation,
L’antre de nos pulsions affectives inconscientes
Pour arriver à cet état de perfection
Où l’interdit n’est plus une action déviante.
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