Carnet de confidences

Mon testament philosophique

Du vain solitaire

Du vain solitaire

C’est un ensoleillement qui tourne en tempête
Quand à fond de cale, tu chavires d’hébétude,
Distillant ton aigreur en t’épanchant dans l’absurde,
Ferré au goulot d’une imbuvable piquette :
Chopine à la dérive abandonnée aux flots
Écumés de dérision, éructant tes maux.

Ô doux breuvage aux allures de camisole,
Fait d’âpre penchant, de déboires qui te grisent
Et t’exaltent jusqu’à la convulsive crise,
Quand plein, tu constates le vide te ta fiole :
Quête de paradis qui finit en enfer,
Quand l’âme aux abois te rapproche de ta bière.

Bacchanale calice aux joies expiatoires,
Apprivoisant tes démons à coup de bitures,
Vociférant jusqu’à l’extrême vomissure
Désabusé, arrimé à ton saint ciboire :
Destiné faite d’abus et d’effervescence,
Chargée par des nuits versées dans l’incontinence.

Toi Poète, qui de vers exquis nous ravit,
Lui, lève le sien comme en provoquant le ciel,
Avide, boit à gorge dévoyée son fiel
En d’insatiables lampées, jusqu’à la lie :
Evincé, plus personne ne te rend visite,
 Tu es devenu ce rebut que tous évite.

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