Du somnambule
Du somnambule
Ô toi! Sommeil engourdissant
L’esprit courbatu par l’effort :
Dans la foi en tes jugements
La cécité est ton confort.
Tes désirs sont réalités
Et tes quêtes sont advenues
Dans l’horizon assermenté
Des certitudes parvenues.
Le repos est ta condition
Et l’oisiveté la sueur
Fétide de tes réflexions,
Languissantes de fétu bonheur.
Alibis et fausses apparences,
Brumisateur de vérité
Javellisé aux exigences
D’une existence aseptisée.
Passé exempt de tout regret,
Récurant toutes les audaces,
Épongeant les moindres projets,
Essorant toutes les menaces.
L’affirmation est conviction
Pour qui choisit de sommeiller
Les yeux clos dans l’abnégation :
Comme dans un rêve éveillé.
Ô doux songe soporifique,
Exutoire aux vieux cauchemars,
Enchantement analgésique
D’un glauque quotidien épars.
En ton dortoir le somnambule
Dans sa torpeur cherche l’issue,
Le dos tourné à la pendule,
Les bras tendus comme un vaincu.
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