Chronique d’une vie
Chronique d’une vie
Ô vie ! Mon cœur baigné par l’amour est aride
Et les chances de trouver une source sont vides
D’espoir ; Je ne vois la marque d’aucun sillon,
De ride creusé par la commisération.
J’ai cru que guider par l’ivresse de la jeunesse
Mon destin n’aurait pas à souffrir des bassesses,
Que je saurais résister au vent de l’envie
Qui anime les hommes et qui les avilit.
Lorsque je me suis abandonné aux plaisirs
Et que j’ai pu assouvir enfin mes désirs,
Je n’ai éprouvé que mince satisfaction
Regrettant mes chimères et leur consolation.
Derrière la cupidité du vaniteux
J’ai cherché désespérément un homme heureux,
Mais je n’ai découvert que la misère humaine
Et son long cortège de malheur et de peine.
J’ai écouté ce qui se cache sous les mots
Je n’ai découvert que la détresse des maux,
Le morbide envahir le fond des esprits sains
Dans l’inconsolable contrition du chagrin.
J’ai compris l’âpreté de ton enseignement
Aux idées que j’ai conduites à l’enterrement,
De tous mes idéaux que j’ai dû sacrifier
Sur l’autel de l’impérieuse réalité.
La noble réflexion je ne l’ai jamais eu
Et lorsque j’ai du l’imiter je n’ai pas pu :
Je n’ai connu que les affres de l’expérience
Et tous les regrets de l’impulsive indigence.
Mais il est tard pour que je saisisse ton mystère :
Chaque découverte m’apparait plus amère
Et l’émerveillement toujours plus péremptoire ;
Au seuil de la vieillesse j’aspire au reposoir.
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